Le code secret des empanadas – 2/2
10 décembre, 2017
A la recherche du yaourt nature 2/2
10 décembre, 2017

A la recherche du yaourt nature 1/2

Yaourt en sachet au supermarché | Photo: A. Labadie

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Pourquoi il est compliqué de trouver du yaourt nature à Buenos Aires… Réponse en deux épisodes

Pour lire le deuxième épisode, cliquez ici.

 

Je suis très fière de moi. Je dois le reconnaître. J’ai trouvé une solution créative à un problème que je trainais depuis deux ans et demi. Comment satisfaire ma grande consommation de yaourt sans me ruiner, dans un pays où on ne lui donne pas vraiment d’importance ? Je parle du yaourt nature sans sucre. On ne peut pas dire qu’il soit inexistant en Argentine. C’est simplement qu’il laisse les gens indifférents. Les rayons du supermarché sont remplis de yaourt chimique, à la fraise ou à la vanille. Très très sucrés. Il se vend le plus souvent en sachet, comme le lait.

 

Je viens d’un pays grand consommateur de yaourt et je ne pensais pas que cela pouvait changer dans d’autres contrées.

 

1º épisode : La France et le yaourt

Moi par contre je suis sensible à sa rareté. Mes références en la matière sont différentes.
Je viens d’un pays grand consommateur de yaourt et je ne pensais pas que cela pouvait changer dans d’autres contrées. En France, il s’agit une denrée de première nécessité, le substitut du biberon pour les petits, le dessert sain pour les grands. Je viens d’un pays où acheter un seul yaourt n’a pas de sens. Ils se vendent par pack de seize pots. Quatre minimum. Et ce ne serait pas exagéré d’affirmer que la consommation de deux à trois yaourts par personne est tout à fait courante. Le yaourt nature est le roi du frigo et se décline de milles manières selon les marques, d’une façon presque obscène. Je viens d’un pays où l’on consomme un produit étrange qui est ni du yaourt ni du fromage: le Fromage Blanc, une espèce de ricotta liquide qui se vend en pot de un ou deux kilos.
Vu de l’extérieur – et encore plus dans l’optique d’un Argentin – cela ressemble à une sorte de folie nationale des produits laitiers.

– La porte, ferme la porte! Ce n’est pas toi qui paie la facture d’électricité!
Le père français est inquiet pour l’économie du foyer.
– Mais il faut que vous vous décidiez! Nature ou avec des morceaux de fruits? pêche ou cerise?
Le fils est debout face au réfrigérateur, d’une main il révise son contenu et de l’autre il maintient la porte ouverte. On l’a envoyé chercher le dessert pour la table familiale à la fin du repas. Et le dessert par excellence, c’est lui, le yaourt. Certaines familles poussent le vice à en avoir plusieurs sortes en même temps: vanille, fruits, nature. Avec la boîte à fromage, ils prennent pas mal d’espace dans le frigo. Le pauvre petit a mis un peu de temps à identifier ceux qui sont au fond et il a déclenché la colère paternelle. Car en plus, de l’assortiment de seize pots, il reste toujours la saveur que personne ne veut et quelqu’un doit se dévouer pour les finir. Chez moi par exemple c’était ceux à la fraise.

Comment d’enfants français ont-ils vécu un moment comme celui-là? Maintenant qu’ils sont adultes et qu’ils habitent à Buenos Aires, c’est un grand sujet de conversation entre eux, entre mes collègues de travail. Les plus accros, ceux qui avaient l’habitude de manger un yaourt à chaque repas, sont ceux qui souffrent le plus…

Pour lire le deuxième épisode, cliquez ici.