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Un garage automobile dans la rue Warnes | Photo : A. Labadie

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Etre femme et vivre en Argentine…

…c’est entrer dans le monde « merveilleux » (ou pas) du piropo, le compliment.  Et quand on vit près de Warnes, la rue des garages automobiles, la rue la plus concentrée en testostérone de toute la capitale, le plongeon est un peu brutal.

 

1º Episode

Une promenade dans la rue des garages automobiles

Pour lire le 2º épisode : Cliquez ici

 

Tout a commencé comme ça, un jour d’été, un jour de forte chaleur où j’enfile un short, je sors faire une course et j’ai une sensation étrange. Des regards… Je croise un homme d’âge mûr qui me fait comme un bisous dans l’air. Un coup de klaxon. Un autre crie, m’appelle, mais ce doit être un erreur, je regarde derrière moi pour vérifier à qui il s’adresse. Personne. Puis au moment de traverser la rue, un chauffeur de taxi klaxonne, me regarde droit dans les yeux par la fenêtre ouverte et me crie: « Linda!  » (mignonne, jolie, belle). Il n’y a pas de doute possible: c’est bien de moi dont il s’agit. Bienvenue au pays du piropo, Aude. Me voilà entrée de plain pied dans ce monde et cela ne fait que commencer…

Le piropo c’est ce petit mot lancé à la va-vite par un homme à une femme, pour célébrer ses charmes physiques

Le bon mot vient de derrière

Le piropo – je vous laisse la saveur de la langue originale, je ne saurais d’ailleurs trouver un équivalent exact en français – c’est ce petit mot lancé à la va-vite par un homme à une femme, pour célébrer ses charmes physiques et qui s’accompagne au choix: d’un sifflement, d’un coup de klaxon, d’un baiser en l’air. A l’image de cette extraversion et cette exubérance qui, à mes yeux, caractérise la vie ici.

Le compliment est en général directement proportionnel aux vêtements ce que l’on porte. J’ai mis du temps à le comprendre ce jour-là, mais le short laissant voir mes jambes a été décisif semble-t-il. Bien-sûr la scène s’est ensuite répétée pour devenir, non pas quotidienne, mais tout à fait courante sur cette rue. J’ai adopté l’habitude des Argentines de porter des leggings: pratiques, ils tiennent chauds et s’adaptent à toutes les situations. Et j’ai découvert que même avec les jambes bien couvertes, sans aucun décolleté plongeant, j’étais toujours l’objet de commentaires.

Ici ce qui est apprécié par les hommes chez une femme, ce sont ses hanches, la courbe de ses fesses plutôt que de ses seins.

Car l’effet « piropo » ne vient pas d’où l’on croit. Ce qui est le plus sifflé? Le plus glorifié? Le plus convoité dans la culture latino-américaine? Non, ce n’est pas le décolleté, mais le derrière.  Ici ce qui est apprécié par les hommes chez une femme, ce sont ses hanches, la courbe de ses fesses plutôt que de ses seins. Chez l’esthéticienne, elles font d’ailleurs l’objet d’un soin tout particulier: la tira de cola. Le string existent dans toutes ses variantes, même la version maillot de bain qui n’a rien de choquant ici sur les plages, contrairement au topless… Donc comprenez bien qu’ici le piropo vient souvent de derrière!

 

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